C'est la perfection de tout. On se donne à fond dans TOUT.
Par exemple, scolairement, je ne voulais pas avoir de bonnes notes, je voulais briller ! Quand je faisais un truc, je ne voulais pas bien le faire, je voulais parfaitement le faire.
Je me souviens qu'un de mes profs avait halluciné quand je lui avais dit que j'aimais le cinéma. Il avait déjà commencé à me parler de grandes écoles de gestion et de commerce. je lui ai expliqué gentiment que ce n'était pas ce que j'aimais. Je faisais des choses à fond même quand je n'aimais pas ce que je faisais.
Même le sport. Je détestais le sport ! Ca me rendait ouf ! Je n'en faisais que pour le résultat final; comme pour toutes les autres choses.
En vérité, je ne voulais pas me faire plaisir. Je m'en fichais. Je voulais juste me dépenser, me donner à fond... peut-être me rendre volontairement malheureuse. Ma mère me l'avait dit, une fois: "Liore, on dirait que tu t'interdis d'être heureuse !". Je ne le faisais pas vraiment exprès.
Lol. Bon, je vous raconte tout ça, mais je voulais m'attarder sur autre chose, en fait ! XD.
L'anorexie mentale, au fond, ce n'est pas qu'une histoire de poids, c'est dû à des désordres psychologiques profonds. Et, en maigrissant, on jette notre souffrance contre nous et contre notre corps. C'est comme si qu'on essayait de se prouver à nous-mêmes que l'on est forte, que l'on est parfaite. On se lance nos propres défis en mettant la barre toujours plus haut.
Je savais exactement à quel endroit je devais maigrir.
Ca a commencé par le ventre, puis ça a été les bras, puis les cuisses, puis le haut du dos. Je m'attrapais les poignets, les bras. Je vérifiais si ça pouvait aller, si ça me plaisait... Le truc, c'est que je me trouvais TOUJOURS un défaut ! Il y avait toujours une partie de mon corps qui ne me convenait pas. Le défis était de perdre à ces endroit. Plus tard, je fixais toute mon attention sur d'autres endroits etc. Et je maigrissais, je maigrissais, je maigrissais...
En vérité, je savais que j'étais en sous-poids, mais ces endroits "imparfaits" pour moi m'énervaient terriblement ! Je devais maigrir à ces endroits-là. Je ne pouvais pas rester comme ça, à m'énerver toute seule en me voyant. Je ne voulais pas prêter attention à ce que disaient les autres, malgré que ça me faisait parfois mal. Ma mère: "Regarde tes cuisses ! Tu fais pitier !". Mon père: "Tu sais, Liore, c'est pas normal qu'on voit tes os comme ça... T'es trop maigre...". Ma soeur: "Ton pantalon te va plus ? Bah t'as qu'à regrossir !", "Nan, c'est bon ! J'peux aussi mettre autre chose ! #Sourire de 'tite peste# Mdr !". Ma cousine: "Liore, t'as pas de graisse, t'as pas de formes. T'es toute plate". Mon oncle: "Baaah !!". Ma tante: "J'aime bien te prendre dans mes bras, mais j'ai l'impression que je vais te casser". Je les comprenais quand même... Je voulais juste continuer ma "quête de perfection".

